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Pologne : le Onze d’Or de Kazimierz Górski Abonnés
Le 15 mai 2024
Les seventies, c’est l’âge d’or du football polonais. Mais plus que les JO 72 ou la Coupe du monde 74, la mémoire collective retient… un match nul à Wembley, en octobre 1973.
Pologne : le Onze d’Or de Kazimierz Górski

Le football polonais ? Aux yeux de nombre de fans, surtout des plus jeunes, il se résume à Robert Lewandowski. Ballon d’Or, vainqueur de la Ligue des champions, meilleur buteur dans trois championnats différents, c’est notre super-héros, doté de superpouvoirs. On a attendu un tel joueur des décennies durant, depuis que Zbigniew Boniek a raccroché les crampons – bientôt quarante ans ! Pourtant, tout ce qu’il a réussi avec l’équipe nationale, c’est un modeste quart de finale de l’Euro 2016 et, tenez-vous bien, à sortir des poules au Qatar en 2022, grâce à une seule victoire, face à l’Arabie saoudite. Peu probable qu’il s’inscrive de la même manière dans la mémoire collective que, dans les années 1970, le Onze d’Or de Kazimierz Górski.

Ces derniers temps, la sélection a manqué de réussite, d’excitation, d’affection. Lewandowski a brièvement rallumé la flamme, rempli le stade national à Varsovie, fait naître l’espoir d’une nouvelle ère. Le temps qui passe a joué pour lui : les années 1970 sont loin et la plupart des fans du jour ne les ont pas vécues. Mais le renouveau tant attendu n’est pas au rendez-vous. Les années de gloire du foot polonais restent liées à la guerre froide.

Derrière le rideau de fer

À l’époque, chez nous, le football était pétri de contradictions. D’un côté, on n’était pas exposé aux dernières innovations de l’Ouest en matière de préparation physique. Sur les photos de ces années-là, 1960 et 70, les athlètes olympiques polonais boivent du lait et mangent des pâtes au petit-déjeuner. C’était considéré comme le mode de vie le plus sain.

De l’autre, dans les arènes internationales, les athlètes de l’Est dominaient souvent, triomphant du capitalisme « pourri ». Pour la propagande, c’était du pain béni. On s’en rend difficilement compte aujourd’hui, mais, de fait, il n’y avait...

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