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Comment ne pas être mauvaise langue ? Abonnés
Le 21 août 2023
Avant le mercato, j’entends dire que les agents, notamment, sont « de mauvaises langues ». Puis, à la fin de la saison, que les « langues se délient ». La langue, un mot omniprésent dans le football moderne. Et un outil de communication dont j’aimerais vous parler.
Comment ne pas être mauvaise langue ?

C’est un problème structurel, auquel le football est lui aussi confronté : comment apprendre une langue étrangère, le plus souvent l’anglais ? En France, qui essaie de bien s’exprimer dans une autre langue que la sienne suscite peur ou moqueries. À l’école, les exercices ne sont pas assez ludiques, il y a trop de travail écrit. Les langues étrangères y sont une pratique artificielle et abstraite. À l’inverse de ce qui existe dans d’autres pays, trop peu d’heures leur sont consacrées.

Sur le terrain, le football est une langue universelle. Pas dans les vestiaires, malheureusement. Au début de ma carrière, à Évian-Thonon-Gaillard, je ne parlais pas avec les nombreux joueurs anglophones, danois et serbes notamment. À Nantes, lors de ma première saison au club, comme la majorité de mes coéquipiers francophones et le staff technique, nous éprouvions d’énormes difficultés à communiquer avec la recrue phare de l’été, l’attaquant islandais Kolbeinn Sigþórsson. Ça a joué sur son intégration, très difficile, et sa mauvaise compréhension de nos systèmes de jeu. À Strasbourg, nous avons eu la chance de ne compter parmi nous que des joueurs qui comprenaient très bien le français. À Lens, le staff technique parle anglais, ce qui facilite l’intégration des joueurs étrangers.

Pour résumer : dans leur majorité, les joueurs francophones ne font aucun effort, dans le prolongement du système scolaire : le Français qui essaie de communiquer dans la langue de David Beckham se fait tailler. La Champions League qui se profile nous fera croiser des arbitres anglophones, nous devrons donner des interviews en anglais et on devient la risée des réseaux sociaux plus rapidement à cause d’un accent approximatif (« I recup the ball ») en dehors des pelouses plutôt que pour un geste mal négocié sur le terrain.

En voyageant, j’en ai pris conscience. Il y...

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